dimanche 1 juin 2014

ZOOM sur... Gymnastique rythmique : récit d'une passion

© Sublim'photo
Joanne a une passion depuis (presque) toujours (cf. licence du Rueil Athletic Club ci-dessous...) : la GRS (Gymnastique Rythmique et Sportive). Elle vous raconte tout comme elle le vit, de manière spontanée et enthousiaste !

" Écrire sur sa passion n'est pas facile... tant on a de choses à raconter. La passion pour un sport c'est un truc qui colle à la peau. Des entraînements qui rythment les semaines encore plus que les cours.  C'est décider de ne pas partir en vacances avec sa famille parce qu'il y a un stage. C'est accepter de commencer la fête de la musique plus tard que ses amis parce qu'il y a entraînement. C'est écourter une soirée et parfois rater The soirée parce qu'on a compétition le lendemain. Des heures d'entraînement pour quelques minutes devant les juges et parfois des week-ends entiers enfermée dans un gymnase. Mais c'est surtout des rires et des larmes, les plus beaux souvenirs. La passion c'est presque une addiction...

Ma passion c'est la GRS, ou plutôt la Gymnastique Rythmique comme on l'appelle aujourd'hui. A l'âge de 3 ans, j'ai fait mes premiers pas sur les praticables... ni tapis, ni tatami en GRS comme le pense Nelson Monfort depuis 20 ans !

Si, si, elle a envie d'y aller là...

J'aurais pu commencer très tôt et m'arrêter très vite... Mais je suis encore là, presque une vétérante au milieu des petites jeunes. Et pourtant je ne suis pas vieille ! Mais la carrière d'une gymnaste s'arrête généralement vers 20 ans. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait, car les heures d'entraînement devenaient difficiles à concilier avec la vie étudiante (les cours aussi bien que les soirées je l'avoue !) Et puis à cet âge arrive aussi l'envie de découvrir de nouveaux horizons, alors j'ai fait d'autres sports. Mais cinq ans plus tard, je suis revenue à mes premières amours, l'envie de réunir mon ancienne équipe de GRS pour reprendre en loisir, juste pour s'amuser, pour refaire du sport ensemble et se rappeler le bon vieux temps... La reprise n'a pas été facile, mais c'était un vrai plaisir de retrouver toutes ces sensations, et surtout c'était une telle évidence que je me suis demandé comment j'avais fait pour arrêter. Le problème quand on a fait de la compétition pendant des années, c'est qu'on ne peut pas résister à la proposition d'un entraîneur... Alors nous voilà reparties, avec mon équipe, sur les praticables, devant les juges, en quête de médailles...
L'année de mon entrée au CP, j'ai participé à mes premières compétitions. Depuis le temps, je pourrais être habituée à cette montée de stress subite le matin d'une compétition, et pourtant non. Il faut expliquer aussi qu'en GRS on n'a pas 90 minutes pour battre l'équipe d'en face et un match tous les mois comme dans les sports co. On a juste entre 1 et 3 minutes devant les juges pour montrer le travail d'une année. Et chaque compétition est sélective pour la suivante... Autant dire qu'il vaut mieux être en forme le jour J. Mais la compétition ne se résume pas à ces trop courts instants devant les juges pendant lesquels on doit garder la tête haute et le sourire quoi qu'il arrive. La compétition c'est parfois un stress qui peut faire perdre tous ses moyens. Tout comme c'est une force supplémentaire qui permet parfois de surmonter des obstacles... Comme une entorse toute fraîche de quelques jours qu'on oublie le temps des sélections pour les championnats de France. La compétition c'est plein de petits rituels, comme la bise de son entraîneur avant de rentrer sur le praticable, ou vérifier au moins une dizaine de fois son sac avant de partir. La compétition c'est la frustration après un passage raté et cette sensation de ne pas avoir montré tout ce qu'on sait faire. C'est le stress qui revient à l'annonce des résultats. C'est parfois la joie et les grandes embrassades sur un podium et d'autres fois les larmes à la fin du palmarès.

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Et au bout de ces compétitions, il y a le Graal : les championnats de France ! Ceux pour lesquels on s'entraîne toute une année et qu'on n'atteint pas aussi souvent qu'on le voudrait. Être parmi les meilleures gymnastes de l'année au milieu des filles qui s'entraînent dans des pôles sportifs. Être là et montrer qu'on a notre place ici. Souvent dans un gymnase immense où l'ambiance avoisine celle d'un match de foot. Chaque club encourage ses gymnastes, alors quand quelques proches ont fait le déplacement pour nous encourager, ils doivent se faire une petite place pour se faire entendre dans le public. Les championnats de France, ce sont des souvenirs gravés à jamais, des souvenirs plus ou moins heureux. Car le caractère exceptionnel de la compétition la rend encore plus forte. Alors quand on arrive, fières mais non moins stressées, sur le praticable et qu'on réalise devant les juges l'un de nos plus mauvais passages de l'année, parce qu'on a pas entendu le début de notre musique mal enregistrée, ce sont des larmes gravées à jamais dans nos têtes qui coulent. Mais on recommence toujours, et on se bat jusqu'au bout chaque année. Même avec une déchirure musculaire qui devrait imposer l'arrêt. Lorsqu'on est qualifiée pour les "France", on oublie la douleur, quitte à aller faire un tour au poste de secourisme pendant la compétition...
Mais le championnat de France c'est surtout un grand moment de bonheur dans la vie d'une gymnaste. Un week-end entre filles, un voyage où les entraîneurs sont souvent exténués par l'énergie débordante de leurs gymnastes une fois la pression retombée. Ce sont des moments de complicité au sein de l'équipe, avec les entraîneurs, des rires dans les vestiaires, des nuits à l'hôtel à refaire le monde, des visites de villes au pas de course avant de reprendre le train, des retours des images plein la tête.

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A quelques semaines des championnats de France, je m'entraîne toujours avec mon équipe, peut-être pour la dernière fois. Tous les ans je me demande si je continue, mais il n'est pas facile de s'arrêter. Même si les entraînements ne sont pas roses tous les jours, même si certaines blessures restent, je ne regrette pas ces années enfermée dans un gymnase. C'est grâce à quelques sacrifices que j'ai eu tous ces moments de bonheur, que j'ai rencontré mes plus vieilles et plus chères amies, que la compétition m'a donné du caractère. C'est aussi grâce à cette passion que je suis devenue celle que je suis aujourd'hui."

Joanne, bibliothécaire-gymnaste

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